La prochaine séance de l’atelier Femmes et savoirs avec Sarah Erman et Laura Tatoueix

Publié le 6 mars par Heta Rundgren

de l’EHESS et Centre Alexandre Koyré pour l’année 2016-2017

Séance 6 : vendredi 17 mars 2017, à 9h30, Salle de séminaire, 5e étage, Centre Alexandre Koyré (27 rue Damesme, 75013 Paris)

Intervenantes : Sarah Erman (Université Paris Diderot, SPHERE) et Laura Tatoueix (EHESS, Université de Rouen, GRHis)

Sarah Erman : La féminisation des sociétés de botanique de France et de Belgique (1875-1940) : mécanismes, reflets, opportunités

Résumé : Cette communication se base sur les premiers résultats de mes recherches sur les femmes membres des sociétés nationales de Botanique de France et de Belgique entre 1875 et 1940.

Le but est ici d’explorer les mécanismes et les caractéristiques de la féminisation de ces deux sociétés, au moment de l’accès grandissant des femmes à l’université et à certains lieux particuliers d’élaboration des connaissances sur le monde naturel. Qui sont les femmes qui entrent à la société botanique ? Qui les présente ? Participent-elles aux réunions ordinaires et extraordinaires, à la vie politique et sociale de ces sociétés savantes ? Que représente, en terme d’opportunité de collaboration et de diffusion de leurs recherches, le statut de membre d’une part, et la participation aux réunions et aux herborisations de l’autre ? Comment sont reflétés, au fil des bulletins, l’évolution des parcours féminins entre pratiques naturalistes et de laboratoire, amateurisme et professionnalisme, recherche et vulgarisation ?

Je proposerai ici une première ébauche de réponse à ces questions, au travers de l’analyse des publications des deux sociétés pour la période concernée.

Laura Tatoueix : L’avortement : un secret de femmes ? Le genre des savoirs abortifs et de leur transmission (France, XVIIe-XVIIIe s)

Résumé : Les démonologues du début de l’époque moderne laissent apparaître l’image de la matrone sorcière qui possède entre autres des savoirs abortifs. De même la suspicion grandissante à l’égard des matrones, et la prise du contrôle par les hommes du domaine des couches à la fin de l’époque moderne, a également renforcé l’image d’une matrone ayant des secrets de vie mais également secrets de mort. Et c’est contre ces funestes secrets que s’est construite l’image de la bonne sage-femme. Au XIXe siècle, moment où est apparue l’expression « faiseuse d’ange » pour qualifier les femmes qui pratiquaient des avortements clandestins, l’idée que l’avortement était « un secret de femmes » s’est ancrée d’avantage dans les représentations collectives. Pourtant les sources de l’époque moderne, et plus précisément des XVIIe et XVIIIe siècle révèlent que les savoirs abortifs étaient partagés aussi bien par des hommes que par des femmes. Cette communication cherchera donc à penser la possession des savoirs abortifs ainsi que leur transmission au prisme du genre à partir de sources judiciaires et policières.

Le séminaire est organisé par
Valérie Blondelle Burgos, Dalia Deias, Juliette Lancel, Isabelle Lémonon Waxin