Genre et nations partitionnées

Publié le 22 novembre 2017 par Institut du Genre

Colloque international, les 14 et 15 décembre 2017, EHESS - FMSH, salle 737, 54, bd Raspail, Paris 6.

Coordination :
Anne Castaing (CNRS/CEIAS)
Benjamin Joinau (Hongik University/CCJ)

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Programme :

Jeudi 14 décembre
9h15 Accueil
9h30 Présentation par Anne Castaing et Benjamin Joinau.
9h45 Conférence d’introduction par Fabrice Virgili (CNRS/SIRICE). 10h15 Genrer la guerre Modération : Francine Muel-Dreyfus
Valérie Pouzol (Université Paris 8)
De l’assignation nationaliste à la ressource militante : construction et détournement des figures des mères de soldats en Israël (1948-2017).
Ilaria Simonetti (EHESS) « À l’image de la Nation ». Surexposition médiatique et politisation de l’image de la soldate israélienne.
11h15 Pause
Véronique Garrigues (Laboratoire FRAMESPA)
Déboulonner le genre. Les statues des femmes en armes après les conflits religieux européens.
Salomé Paul (Université Paris-Sorbonne/University College Dublin) Tragédies de l’indépendance. La représentation des femmes sur les scènes irlandaises
12h45 Déjeuner 14 h Communautés imaginaires Modération : Anne Castaing
David Castro Devesa (Université Paris 8)
La corrida, un imaginaire national genré au service de la régénération (1895-1910).
Delphine Robic-Diaz (Université Paul-Valéry)
Les femmes dans le cinéma Viet Kieu.
Léa Raso (Laboratoire CERDACFF)
La légende de Doruntine (Albanie) : La nation en exil.
15h30 Pause
Somayeh Rostampour (Université Paris 8)
Les défis de la reconstruction de subjectivités genrées à l’épreuve du mouvement nationaliste de gauche. Le cas des femmes Kurdes en Turquie.
Benjamin Joinau (Hongik University)
Représentation de la Nation partitionnée dans les cinémas sud- et nord-coréens.

Vendredi 15 décembre
9h30 Accueil 10h Historiographies genrées Modération : Catherine Brun
Patrick Farges (Université Paris Diderot) « D’homme à homme » : Récits de rencontres entre ’Yekkes’ et ’Arabes’ en Palestine/Israël (années 1930 et 1940).
Anne Castaing (CNRS/CEIAS)
Raconter la Partition de l’Inde : une impossible histoire des femmes ?
11h00 Pause
Massimo de Giusti (Université de Bourgogne)
La Marianne en armes. La Jeanne d’Arc de Maurice Pottecher.
Elise Abassade (Université Paris 8/Université de la Manouba)
Féminité, anticolonialisme, indépendance nationale au travers de l’étude de deux journaux féminins communistes en Tunisie (1944-1946).
12h30 Déjeuner 14h15 Table-ronde : Dégenrer les partitions ? Modération : B. Joinau
Avec Francine Muel-Dreyfus (EHESS), Valérie Gélézeau (EHESS), François Guillemot (CNRS/Institut d’Asie Orientale), Delphine Robic-Diaz (Université Paul Valéry), Anne Castaing (CNRS/CEIAS).
16h : café et clôture

La « communauté imaginée » qu’est la nation mobilise les symboles les plus archétypaux pour se représenter dans les arts et les médias populaires et ces symboles sont le plus souvent genrés – que l’on pense à la Marianne de la jeune République française. En plus d’être l’écho du genre grammatical des valeurs de cette république dont elle est l’allégorie, Marianne est la figure de l’Alma Mater, à la fois nourricière et protectrice, qualités essentielles d’un Etat-nation ou d’un régime politique. Mais comment se pense une nation divisée politiquement par une partition ?
Allemagne, Inde-Pakistan-Bangladesh, Irlande, Corée, Vietnam, Israël-Palestine, Yougoslavie – les cas de figure sont divers, couvrant jusqu’aux décolonisations, mais montrent que la partition renvoie spontanément à des représentations polarisées autour de relations genrées et hiérarchisées. De manière allégorique, celle-ci peut prendre la figure du frère et de la soeur, de la mère et du fils, même si le plus souvent, l’image du couple marié ou amoureux cherchant à se réunir est prédominante. Cependant, le binôme à (ré)apparier n’est pas le seul mode de symbolisation genrée de la division nationale. La partition, en tant que processus même, génère des violences, qui sont fondamentalement structurantes des rapports homme-femme aussi bien au niveau des pratiques que des représentations.
Ce sont les processus de symbolisation narrative, à la fois anthropologiques et historiques, que nous souhaitons analyser à travers les productions culturelles de pays en situation de partition. Nous espérons ainsi, par cette approche comparative, repérer des invariants tout en proposant des typologies narratives où la différence genrée est requise, reproduite, peut-être transformée, afin de penser un autre type de différence, celle qui se cristallise quand une nation est divisée et séparée. Nous serons en particulier sensibles aux différentes formes de représentations en fonction de leurs modes de production (institutionnel, individuel), de leur diffusion et de leur réception.

Ce colloque interdisciplinaire et comparatiste, qui accueille spécialistes des littératures, des productions culturelles et de l’histoire des idées, historiens et anthropologues travaillant sur différentes aires culturelles et contextes historiques, vise à interroger les partitions et les divisions nationales d’un point de vue genré. Il s’intéressera particulièrement aux représentations comme témoin de ces assimilations imaginaires : littérature, cinéma, arts performatifs, arts plastiques sont les supports de nos réflexions.

Comité scientifique :
Catherine Brun (Université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle) ; Anne Castaing (CNRS) ; Claire Gallien (Université Paul-Valéry) ; Benjamin Joinau (Hongik University) ; Francine Muel-Dreyfus (EHESS) ; Gianfranco Rebucini (IIAC) ; Delphine Robic-Diaz (Université Paul-Valéry) ; Fabrice Virgili (CNRS).