En retrait/e : la solitude créatrice au prisme du genre

Publié le 27 février par Institut du Genre

Journée d’étude, le 8 mars 2018, 9h-18h, à l’Institut d’études avancées de Paris, Hôtel de Lauzun, 17 quai d’Anjou, Paris 4e.

Organisée par Xenia von Tippelskirch (U. Humboldt), Audrey Lasserre (U. Louvain-la-Neuve) et Sylvie Steinberg (CRH, EHESS), avec le soutien du Centre de Recherches Historiques, EHESS, du Wissenschaftskolleg, Berlin, de l’Université de Louvain-la-Neuve, et de l’IEA de Paris.

Émail du responsable :
information [at] paris-iea.fr

Présentation
De l’Antiquité à nos jours, les discours européens sur les pratiques de la retraite comme lieu de réflexion et de production religieuse, intellectuelle et artistique forment un ensemble complexe de représentations. La retraite implique en effet des formes variées : halte, attente, méditation, contemplation, pèlerinage, prière, isolement, ou même maladie. Qu’elle prenne la forme d’un désert, d’un jardin, d’une forteresse, d’un couvent, d’une cellule, d’un ermitage, d’une chambre de malade ou d’une chambre de travail, d’une métropole même, la configuration réelle et imaginaire de la retraite est soumise à une constante métamorphose qui en fait aussi bien un environnement qu’un alter ego de la personne en retrait du monde. Dans la zone de tension entre passivité et abandon d’un coté, et activité, affirmation et subversion du statu quo social, de l’autre, la relation entre individu et société y est continuellement renégociée. La retraite peut tout autant signifier l’adaptation aux normes que le refus de l’autorité, ou que l’expérimentation de modèles de vie innovants.

Nous voudrions ouvrir la réflexion autour du phénomène de l’isolement (volontaire et productif) dans une perspective de genre. Dans le cadre des études de genre, les questions de la retraite et de l’isolement ont rarement été considérées, bien qu’il semble évident que le renoncement au monde et l’isolement social mettent en question les représentations de genre (sexes et sexualités).

Il s’agira d’analyser les implications éthiques, sociales, politiques, religieuses, discursives, esthétiques, métaphoriques, topographiques, etc., dans une perspective diachronique et synchronique. Quels discours, objets d’art et théories de la retraite deviennent pertinent·es dans une perspective de genre ? De quelle manière des modèles religieux (orthodoxes ou bien dissidents) reprennent et transforment des formes post-séculaires de la retraite tout en modifiant aussi les discours qui s’y réfèrent ? Quelles ruptures, contradictions et transgressions deviennent observables dans la longue durée ? Quelles conceptions de la productivité et de l’engagement sont proposées ? Quand peut-on observer un recul transgressif par rapport aux traditions de retraite historiques ?

Programme

9h00 Accueil des participant.e.s

9h15 Ouverture de la journée
Propos introductifs : Audrey Lasserre et Xenia von Tippelskirch

Première session : Quelle direction pour la retraite spirituelle ?
Présidence de séance : Clément Duyck, UCL (Louvain-la-Neuve)

9h30 - 10h15 De la direction spirituelle à l’élaboration hagiographique : la création de la candidature à la sainteté de Suor Paola Maresca (1583-1627) dans le récit de sa retraite. Une étude du journal de son confesseur, Paolo Minerva
Isabel Harvey, Montréal/ Humboldt-Universität

10h15 - 11h00 Corps en retraite. La Famille chrétienne sous la conduite de Saint-Joseph (1643-1644)
Dinah Ribard, EHESS

11h00 - 11h15 Pause

Deuxième session : Figures d’isolement familier
Présidence de séance : Christine Planté, Université Lyon 2

11h15 - 12h00 Femmes en chambre : le regard sur la tapisserie
Damien Zanone, UCL (Louvain-la-Neuve)

12h00 - 12h45 L’inceste fécond, figures et significations d’une utopie sociale, sexuelle et genrée de la création (XVIIe-XXe siècle)
Sophie Houdard, Université Sorbonne Nouvelle Paris III

13h - 14h Pause déjeuner

Troisième session : Une distance à soi
Présidence de séance : Beatrice Trînca, Freie Universität Berlin et Charlotte Foucher Zarmanian, Paris 8 CNRS

14h00 - 14h45 Écrire en retraite : les mises en scène de la solitude au début du XXe siècle
Jenny Haase, Humboldt-Universität

14h45 - 15h30 L’étude du Moyen Âge comme retrait du monde. L’exemple de quelques historiens et historiennes contemporaines
Agnès Graceffa, ULB

15h30 - 16h15 Une "chambre" à soi pour mieux faire son entrée dans la communauté littéraire : A Room of One’s Own et Professions for Women de Virginia Woolf
Valérie Favre, Université Lyon II

16h15 - 16h45 Pause

16h45 - 18h00 La retraite d’écriture au Monastère de Saorge : retour sur une expérience créatrice, avec Lola Gruber, Philippe Guénin, Charlotte Jousseaume et Alice Seelow
Modération : Audrey Lasserre UCL (Louvain-la-Neuve)

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