Correspondances, itinéraires, di/vergences, croisements entre Littératures, genre, pensées

Publié le 29 août par Heta Rundgren

Séminaire inter-universitaire 2017/2018

Université Paris 8 - UMR LEGS

Universités partenaires :
Université Paris Est Créteil (UPEC)
Université Paris Sorbonne
Université Paris Sorbonne Nouvelle
Université B. Pascal de Clermont-Ferrand
Université de Pau et les Pays de l’Adour (UPPA)

Associations de recherche académique et sociétés savantes partenaires :
Association Gradiva/Créations au féminin
SIL (Società Italiana delle Letterate)
Résonances Femmes
Le laboratoire LEGS http://www.legs.cnrs.fr/
en collaboration avec l’association Gradiva http://gradiva.univ-pau.fr/live/ ,
SIL (Società Italiana delle Letterate http://www.societadelleletterate.it/ ),
Résonances Femmes

L’objectif de ce séminaire doctoral est de partager des recherches issues d’équipes et laboratoires universitaires et d’associations en France et à l’étranger, travaillant depuis longtemps sur les problématiques et les questions liées au genre, aux différences sexuelles, aux sexualités dans plusieurs champs disciplinaires, mais tout partculièrement sur les approches conjuguées des textes littéraires, artistiques et culturels et des études de genre.

Présentation par Nadia Setti (LEGS, Paris 8, Gradiva, SIL, Résonances femmes)
La perspective théorique et critique ouverte par les critiques et les lectures féministes a éclairé d’un nouveau jour les modes de construire l’analyse et l’histoire littéraire, de ranger et classer les oeuvres et les auteurs. Dans le monde académique anglo-saxon des études critiques ont montré les failles dans la composition de l’histoire littéraire concernant les productions littéraires par des femmes depuis l’aube de la littérature. Ces travaux, menés depuis au moins quarante ans, ont modifié considérablement le panorama littéraire, permettant de voir émerger des voix et des écritures auparavant absentes ou releguées en second plan.

Ce travail de relecture et de révaluation critique n’est pourtant qu’un aspect de la critique /théorie. En effet, il reste la question esthétique et poétique. Qu’en est-il de la portée de ces oeuvres, notamment si on remet en cause les critères d’évaluation et de classement ? Les études effectuées sur un nombre important d’oeuvres du XIXe et XXe siècles donnent -elles des éléments suffisants pour aborder celles du XXI siècle ?
Les essais phares du XXe siècle ont mis en évidence les rapports constants entre une condition féminine d’infériorisation et exclusion qui constitue dans la plupart des cas un obstacle à la venue à l’écriture et à l’art des femmes. L’infériorisation symbolique s’accompagne d’une discimination de classe et de race. Ces divers handicaps à un égal accès aux moyens d’expression et de production, expliquent en bonne partie des pratiques et des langages de révolte, subversion, transgression que l’on peut répérer dans un nombre considérable d’écrits de femmes. Les études littéraires ont mis en évidence ces traits et par conséquent ont signalé la portée novatrice de ces œuvres. Ainsi, l’on passe d’une analyse qui constate la marginalisation des femmes, assignées à la domesticité, à la maternité, à la prise en charge des tâches du quotidien, à une vision qui souligne l’invention, l’altérité comme lutte à l’encontre du carcan patriarcal, de l’oppression, la recherche d’autres voies au niveau du symbolique, de la création, des relations.

Des thèmes et des concepts suscités par la psychanalyse et les interrogations et contestations des féminismes ont alimenté les réflexions autour des textes des femmes en écriture : désir, sujet, corps, sexualité, sexe. De même, le féminisme a mis en lumière à la fois la domination masculine et les filiations généalogiques patriarcales, et en même temps ouvert la voie à des généalogies et parentés féminines, en premier celles entre mères et filles. Les investigations sur la sexualité ont très vite laissé apparaître d’autres modalités de division entre l’hétérosexualité (dominante) et l’homosexualité minoritaire, la blanchitude masculine mais aussi féminine et le féminisme noir lesbien.

Ces positionnements critiques et militants maintiennent et dynamisent les rapports entre la dimension politique des féminismes et des mouvements et des pratiques savantes, littéraires, théoriques qui raniment sans cesse les termes de l’apparition et l’identité des sujets en création (production/reproduction) la relation aux langues, aux langages et métalangages, les modalités des changements (politiques, sociaux, symboliques). Les approches se sont multipliées et diversifiées, certaines davantage concentrées sur les écritures, les textes, les idiomes de chaque œuvre, d’autres sur la construction des histoires littéraires, d’autres encore sur les rapports entre société, culture, productions littéraires et culturelles.

Les études de genre se révèlent particulièrement poreuses par rapport à des approches qui intègrent des modes théoriques hybrides, provenant d’autres méthodologies : l’anthropologie et l’ethnographie comportent l’utilisation et l’analyse du récit de soi, récit oral, enregistré, transcris, élaboré dans une relation significative entre des personnes appartenant à des langues, cultures, milieux sociaux hétérogènes. (Littérature anthropologique, littérature de témoignage). La narration est au centre d’un processus d’investigation que beaucoup de femmes dans les groupes des années 70 ont utilisé comme instrument politique pour démonter et déconstruire les structures d’oppression dans l’espace public et privé. Les femmes / féministes se sont ainsi appropriées des moyens et des modalités d’expression et d’investigation qui ont aussi nourri beaucoup d’études (les écritures du soi, grafie del sé) même au-delà des formes repérées de l’autobiographie, de la biographie, de l’autofiction. Avec le récit de soi nous sommes dans des zones limites du texte littéraire, celles qui permettent l’émergence de sujets marginaux, subalternes, inédits.
Cela conduit à s’interroger ultérieurement sur ce que signifie donner la parole à celles et ceux qui ne l’ont pas, par exemple dans une société où le service aux personnes (care) constitue de plus en plus un des centres de la vie sociale.

Ces séminaires ont vocation à reparcourir des itinéraires théoriques en études littéraires et études de genre, relever les problématiques et les concepts majeurs, pour tenter de dégager de nouveaux passages entre les textes, les écritures y compris celles à haut taux d’hybridité et les pensées qui alimentent et développent les études de genre, queer, postcoloniales.

Présentation et coordination : Nadia Setti, Paris 8, LEGS, Gradiva, SIL, Résonances

Invitées : conférencièr.e.s, discutant.e.s (liste non exhaustive)

Anne Berger (Université Paris 8, LEGS)
Kamila Bouchemal (Université Paris 8, LEGS)
Marta Carriello (Université de Naples, SIL)
Cristina Castellano (Universidad de Guadalajara, LEGS)
Silvia Contarini (Université Paris Ouest, Nanterre La Défense)
Fernando Curopos (Paris 4, Gradiva)
Sam Bourcier (Université de Lille 3)
Stefania Ferrante (Université de Besançon)
Laura Fortini (Université de Rome, SIL)
Marie-Dominique Garnier (Paris 8, LEGS)
Patricia Godi (Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand, Gradiva, Résonances)
Akila Kizzi ( Université Paris 8, LEGS)
Francesca Maffioli (LEGS, SIL, Gradiva)
Nadia Mekouar-Herzberg confirmé (Université de Pau) Gradiva
Griselda Pollock (Université de Leeds, UK)
Michèle Ramond (Université Paris 8, Gradiva)
Marta Segarra (LEGS, CNRS, Gradiva)
Stefania Tarantino (Université de Naples)
Irma Velez (Paris 4, Gradiva)

Calendrier des séances
Adresses des lieux :
Université Paris 8, 2 rue de la liberté, 93526, Saint-Denis, M° Saint-Denis Université
Paris 4, Institut des études Ibèriques et Ibéro-américaines, 31 rue Gay-Lussac, Paris 75005
LEGS, CNRS Ivry, 27 rue Paul Bert, 94200 Ivry-sur-Seine (Métro/Tramway Porte de Choisy
ou Porte d’Ivry)
Université de Pau (adresse communiquée ultérieurement)

Attention : à l’exception des premières deux séances, tous les séminaires auront lieu les jeudis de 15h à 18h30.

Samedi 14 octobre 2017 9h-18h30 (séminaire et journée d’études GRADIVA) (lieu Paris 4, Institut des études Ibèriques et Ibéro-américaines, 31 rue Gay-Lussac, Paris 75005, salle Delpy). Un programme détaillé de la journée sera communiqué ultérieurement.

Lundi 23 octobre 2017 : Cristina Castellano et Sam Bourcier"performance de genre et ethnicité" discutant Fernando Curopos ; CNRS Ivry, salle A : 15h-18h30

Jeudi 23 novembre 2017 : Stefania Tarantino, Stefania Ferrante, le collectif de traduction de Ne crois pas avoir de droits (éditions la Tempête) : féminismes entre philosophie, théories, traductions ;
CNRS Ivry, salle B : 15h-18h30

7 décembre 2017 : atelier doctoral ; CNRS Ivry : Salle A

21 décembre 2017 : Université Paris 8, salle D 143 : intervenant Sam Bourcier, discutant-e-s, Marie-Dominique Garnier, Mat Fournier

25 janvier 2018 : l’enjeu des littératures et pensées migrantes, postcoloniales, décoloniales.
Interventions : Marta Cariello, Irma Velez, discutante, Akila Kizzi. CNRS Ivry : salle des conférences 15h-18h30

22 février 2018 : féminisme, sagas, fantasy, séries (intervenants à confirmer) ; CNRS Ivry, Salle des conférences : 15h-18h30

15 mars 2018 : journée Résonances ; Salle des conférences : 9h-18h30 (à confirmer)

22 mars 2018 : Patricia Godi, Francesca Maffioli et Nadia Mekouar-Herzberg (université de Pau)

12 avril 2018 : intervenante Griselda Pollock (à confirmer) ; Salle A : 15h-18h30

17 mai 2018 : intervenantes Anne Berger, Marta Segarra ; Salle A : 15h-18h30

14 juin 2018 : intervenante Laura Fortini, discutante Silvia Contarini(à confirmer) ; Salle des conférences : 15h-18h30

Voir le programme sur le site du LEGS.