Construction et transmission des savoirs lesbiens : apports et sources d’inspiration

Publié le 19 juin par Heta Rundgren

8e Congrès International des Recherches Féministes dans la Francophonie
27 - 31 août
http://cirff2018.u-paris10.fr/

Construction et transmission des savoirs lesbiens : apports et sources d’inspiration

Cet appel à communications s’adresse aux universitaires et aux militantes.

Le présent colloque est consacré aux réalisations militantes et/ou théoriques de lesbiennes d’époques et d’horizons culturels divers, qui ont quitté ce plan d’existence mais continuent à nous inspirer. Il s’agira de mettre en relief leurs apports individuels et collectifs, ainsi que leur actualité dans les luttes et les réflexions contemporaines. Cela en évoquant leur parcours de vie, leurs stratégies de survie et d’organisation, leurs pratiques de transformation sociale et politique, ou encore les multiples manières dont nous nous appuyons sur leur travail et comment il éclaire les actions et théorisations actuelles.

« Si nous pouvons survivre et enseigner ce que nous savons, écrit Audre Lorde, nous aurons gagné. » Cela demande que nous puissions prendre conscience de ce que nous savons, grâce à qui et à travers quels filtres. Bref, d’en bien saisir la source et la portée. L’objectif global de ce colloque est ainsi de rendre plus visible et de faire retour sur un ensemble de legs lesbiens et leur transmission interculturelle, transnationale, intergénérationnelle et interdisciplinaire.

Dans ce but, nous invitons tant des propositions portant sur des lesbiennes à titre individuel dont la renommée a pu franchir les frontières géographiques, temporelles ou linguistiques, que celles qui soulignent les apports collectifs, de lesbiennes anonymes ou encore méconnues. Les approches peuvent être variées (sociologique, historique, politique, littéraire, etc.), voire interdisciplinaires.

Nous invitons également les propositions de sessions thématiques. Celles-ci pourraient porter par exemple sur les lesbiennes recluses ou refusant le mariage (Sor Juana de la Cruz, Emily Dickinson, zishnu « sœurs jurées » ou tzu-shu nii « qui jamais ne se marie », etc.), vivant en marge de la féminité assignée (berdaches, dogana, vierges jurées, butch, etc.), affrontant des situations de violence extrêmes (viols « correctifs » en Afrique du sud, meurtres), impliquées dans la Harlem Renaissance (Gladys Bentley, Angelina Weld Grimké, Alice Dunbar Nelson, etc.) ou dans l’élaboration de l’analyse matérialiste francophone (Wittig, Mathieu, Guillaumin, Charest), ou, encore, fortement engagées dans les luttes contre le racisme, le colonialisme et l’impérialisme (Dalila Kadri, Gloria Evangelina Anzaldúa, Audre Lorde, Elisabeth Calvet).

En tendant des ponts entre celles qui nous ont précédées et les luttes et mouvements actuels, il s’agira de réfléchir sur le mouvement lesbien dans toute sa multiplicité et sa richesse, en montrant comment notre présent se nourrit des multiples contributions des lesbiennes qui nous ont précédées, et qui ont réfléchi et lutté non seulement dans le domaine des rapports sociaux de sexe, mais aussi contre le racisme, le colonialisme et le système capitaliste.

Merci de nous faire parvenir une proposition de 300 mots (avec un titre, votre nom et votre appartenance militante ou institutionnelle) d’ici le 15 juillet à l’adresse suivante : savoirslesbiens[at]gmail.com

Co-responsables : Dominique Bourque, Johanne Coulombe, Jules Falquet