Transformations du travail, transformations des masculinités ?

Publié le 18 octobre par Institut du genre

Numéro des Cahiers du genre coordonné par Hélène Bretin, Pascale Molinier, Haude Rivoal, Arthur Vuattoux.

À l’heure actuelle, les travaux sur les masculinités apparaissent encore peu nombreux en France et s’établissent de manière relativement fixiste. En effet, on observe parmi ces travaux deux tendances générales : la première, issue du féminisme est d’envisager les hommes comme « une masse uniforme de dominants » selon l’expression de Xavier Clément (2014) ; la seconde plus répandue en sociologie, anthropologie ou en histoire est d’associer la masculinité à une identité virile. Or la virilité n’est qu’un attribut de la masculinité hégémonique et ne saurait s’y résumer. Ainsi, à bien
des égards la masculinité hégémonique se caractériserait par son hybridité, c’est-à-dire par sa capacité à se transformer en intégrant des éléments de masculinités plus marginales, voire de féminité comme le montrent certaines enquêtes ethnographiques sur la masculinité des sportifs de haut niveau par exemple, qui insistent sur la mise à distance d’une hyper-masculinité.
Dans ce dossier, il s’agit de s’intéresser précisément à ces transformations, à partir de l’un des aspects majeurs du modèle social, le travail, dont les transformations advenues après la fin des Trente glorieuses et avec les crises qui ont suivi notamment lors du passage des politiques sociales de welfare aux politiques de workfare, ont poussé à la flexibilisation du travail et à la réduction des protections qui y étaient historiquement associées. La “désouvriérisation” du monde du travail, les nouvelles catégories de statut parmi les travailleurs (travail précaire, intérim, auto-entreprenariat) et l’invisibilisation de la pauvreté, participent à
un phénomène désormais bien documenté de désynchronisation des temps sociaux qui influe sur la conciliation entre vie privée et vie professionnelle, et sur une transformation du rapport au travail, y compris du point de vue des rapports de genre.

La date limite pour la remise des propositions (7 000 signes maximum) est le 30 novembre 2018.

Appel complet sur le site de la revue