Langage(s) et pouvoir(s). Formes de vie et formes de résistance

Publié le 21 juin par Institut du genre

Colloque organisé par l’Équipe Littérature et Culture Italiennes (ELCI) de Sorbonne Université en collaboration avec le Centre de Recherches Italiennes (CRIX-EA 369) de l’Université Paris Nanterre.​
Organisation : Elisa Attanasio (Sorbonne Université), Claudia Dell’Uomo d’Arme (Sorbonne Université), Roberto Lapia (Université Paris Nanterre), Estelle Paint (Université Paris Nanterre).

Le paradigme Langage(s) et Pouvoir(s) propose d’emblée une réflexion sur la relation qui s’instaure entre les formes d’expression du corps, de la pensée, de la conscience humaine et le système normatif dans le contexte italien de la seconde moitié du XXe siècle. Hannah Arendt affirme dans La condition humaine (1958) : « La puissance n’est actualisée que lorsque la parole et l’acte ne divorcent pas, lorsque les mots ne sont pas vides, ni les actes brutaux, lorsque les mots ne servent pas à voiler les intentions mais à révéler des réalités, lorsque les actes ne servent pas à violer et détruire mais à établir des relations et créer des réalités nouvelles ».

Le colloque vise à interroger cette question à partir d’une ouverture théorique qui se déploie en quatre panels.

1. Repenser, représenter et réformer les corps
Dans une ère où l’emprise du pouvoir sur la vie biologique des corps est quasiment totale, comment peut-on encore imaginer une prise de distance critique, une résistance, voire une fuite vis-à-vis de ses pratiques de domination ?

2. Langage et formes discursives entre littérature et industrie
De « l’industrialisme illuminé » d’Adriano Olivetti à « l’industrialisation forcée » centrée sur un développement détaché du progrès, dont parlait Pasolini, sonder la relation entre littérature et industrie pose une série de questions qui dépassent la seule composante esthétique de l’œuvre. Si, comme l’affirme Fortini, « les formes, les modes, les temps de la production industrielle et ses rapports sont la forme même de la vie sociale, le contenant historique de tout notre contenu et pas simplement un aspect de la réalité », et si « les structures économiques – dans notre cas capitalistes et donc industrielles – sont ni plus ni moins que l’inconscient social », comment est-il possible, aujourd’hui, de développer un discours sur le lien entre littérature et industrie ?

3. Pouvoir et altérité : la langue et ses enjeux dans l’expérience coloniale
Les propositions d’interventions devront approfondir le lien entre langage, formes de pouvoir et d’existence à travers l’analyse d’œuvres littéraires et/ou cinématographiques portant sur l’expérience coloniale italienne et son héritage.

4. Résistances. Formes, pratiques, stratégies entre vie et littérature
Ce panel déploie une réflexion sur la possibilité de repenser le rapport entre vie et art mis en pratique par la littérature italienne contemporaine à partir de quatre stratégies possibles de résistance : résistance de l’œuvre, résistance de l’auteur, résistance du corps, résistance à la fin du monde.

Merci d’envoyer vos propositions de communication (300 mots maximum, en français ou en italien) en indiquant le panel de référence et, éventuellement, une brève bibliographie, au plus tard le 31 août 2018 à l’adresse suivante : colloque.langagespouvoirs@gmail.com

Chaque proposition sera examinée par le comité scientifique de manière anonyme.
Notification d’acceptation ou de refus : 15 septembre.

Version intégrale de l’AAC sur le site dédié (en français et en italien)