Histoire politique et sociale des dissidences sexuelles et de genre en URSS et dans l’espace postsoviétique

Publié le 27 juin par Institut du genre

Appel à articles pour un numéro spécial des Cahiers du monde russe, parution 2021.
Coordinateurs : Arthur CLECH (EHESS, Paris), Dan HEALEY (St. Antony’s College, Oxford)

Que ce soit dans l’empire russe, en URSS ou dans les pays nouvellement indépendants qui lui ont succédé, le pouvoir s’en est pris à l’homosexualité. Il le fait parfois directement en procédant à une répression médico-pénale, mais généralement, c’est de manière indirecte que s’exercent d’autres formes de censure sociale, à travers notamment des institutions soviétiques telles que le tribunal des camarades. En l’espèce, l’expérience soviétique présente au moins une singularité justifiant son étude séparée : un article de loi stalinien antisodomie inscrit dans le Code pénal de toutes les républiques soviétiques avant la Seconde Guerre mondiale, tandis que plusieurs pays du Traité de Varsovie, les États socialistes d’Europe centrale et orientale, en étaient dépourvus ou s’en étaient débarrassés. Selon les républiques soviétiques, on pouvait observer des différences notables dans les peines requises contre la sodomie, différences qui iront parfois en s’accroissant après le démembrement de l’URSS.
La revue Cahiers du monde russe souhaite étudier pour le XXe et le début du XXIesiècle, l’histoire de la « dissidence sexuelle et de genre ». Elle veut rendre compte de la régulation médico-légale qui a alors été mise en place à l’encontre de cette dissidence, mais aussi mettre en lumière les effets que cette régulation n’a pas manqué d’avoir au sein des subjectivités queers : phénomènes d’autocensure, de délation, de contre discours ainsi que d’autres stratégies de survie.
Les analyses d’œuvres littéraires ou artistiques ne sont pas à exclure car elles peuvent constituer le lieu par excellence des subjectivités queer. Émergeant aussi bien dans les capitales qu’en province, la presse LGBT des années 1990 et du début des années 2000 comporte notamment un abondant courrier des lecteurs et des lectrices qui constitue autant d’entrées pour mieux rendre compte des voix queers.

Date limite d’envoi des résumés : 6 septembre 2019

Langues acceptées : français, anglais et russe.

Appel complet en français
Appel complet en anglais
Appel complet en russe