Aux frontières de la parenté

Publié le 6 septembre par Institut du genre

Un numéro d’Émulations. Revue de sciences sociales, qui paraîtra en février 2020 aux Presses universitaires de Louvain, sera consacré au thème « Aux frontières de la parenté », sous la direction d’Anne-Sophie Giraud (CNRS, LISST-CAS), Hélène Malmanche (EHESS, CESPRA, EHESP), Anaïs Martin (EHESS, CNE).

(extrait de l’argumentaire)
Les notions de frontières, de marges, de seuils, de zones liminales ou liminaires, de confins ou encore de zone grise permettent d’aborder plus largement la question des limites. Elles traduisent des espaces d’incertitude ou de transition, dans leur dimension temporelle mais aussi symbolique et/ou normative. Ce numéro propose de s’intéresser plus particulièrement à celles qui concernent la parenté. Dans les recherches sur les nouvelles formes familiales, plus spécifiquement les configurations pluriparentales (Fine 2002 ; Martial 2003) ou liées aux biotechnologies (Squier, 2004 ; Giraud, 2015), ces catégories sont particulièrement heuristiques. Les « métamorphoses » de la parenté (Godelier, 2010) appellent à considérer nos modèles « classiques » sous un nouveau jour. Une femme porte un enfant pour d’autres et n’en devient pas la mère. Une personne a été conçue grâce à un don de gamètes et est ainsi liée génétiquement, mais pas légalement, à des inconnu·e·s. Des parents perdent leur enfant avant sa naissance ; bien que celui-ci ne puisse être légalement considéré comme une personne juridique, il est inscrit sur le livret de famille. Des enfants grandissent ensemble au sein d’une famille recomposée sans être issus des mêmes parents. Un enfant naît dans une famille et grandit dans une autre.

Naissance, mort, procréation, enfantement, don de gamètes ou de gestation, interdit de l’inceste… les limites et les pratiques de ce qui fait famille et la manière dont elles interrogent la notion de personne feront l’objet de ce numéro thématique. Sa constitution poursuit un double objectif. Il s’agit d’abord de regrouper des contributions traitant des limites de la parenté et des frontières de la personne afin d’établir un corpus s’attachant spécifiquement à des zones d’incertitudes et/ou de transition, et d’examiner comment ces notions peuvent encore servir à la recherche aujourd’hui. Plus généralement, il sera ensuite question de (ré)interroger les notions de seuil, marge, frontières, confins, zone liminale ou encore zone grise à l’aune de recherches actuelles au regard de la parenté. Si elles font partie de la littérature académique classique, ces notions feront l’objet d’une analyse comparée afin d’en tirer les apports particuliers et de contribuer à les définir. La constitution de ce numéro thématique aura pour vocation de proposer une introduction à ce travail. Dans cet objectif et tout en restant ouvertes à d’autres suggestions, nous proposons trois axes dans lesquels pourront s’inscrire les propositions. Les contributions concernant des aires géographiques et périodes historiques diverses et issues d’horizons disciplinaires variés sont bienvenues.

Les propositions de contribution d’environ 1 000 mots, ainsi qu’une notice biographique comprenant la discipline et le statut professionnel de chaque (co-)auteur·e de l’article sont à envoyer aux adresses suivantes avec en en-tête de l’objet le libellé [émulations] : groupe.recherche.encore(at)gmail.com et redac(at)revue-emulations.net pour le 1er novembre 2018 au plus tard.

Voir l’appel complet et modalités pratiques.