AAC : Vieillir dans l’art. Les trajectoires des artistes « modestes » à l’épreuve du temps

Publié le 24 octobre par Heta Rundgren

Pour la revue Recherches sociologiques et anthropologiques, un numéro spécial (2019/2) dirigé par Marie Buscatto, propositions avant le 1er février 2018, en français ou en anglais.

(For the English version, click here)

Au cours des dernières décennies, les personnes qui aspirent à être reconnues comme artistes et/ou à vivre de leur pratique artistique de manière professionnelle, ont largement augmenté, que l’on pense aux comédien-ne-s (Menger, 2003), aux musicien-ne-s (Coulangeon, 2004), aux plasticien-ne-s (Abbing, 2002 ; Karttunen, 2008 ; Moulin, 1983 ; Quemin, 2013), aux écrivain-e-s (Lahire, 2006), aux cinéastes (Alexandre, 2015), aux danseurs/ses (Rannou, Roharik, 2006) ou aux circassien-ne-s (Cordier, 2009). Cette aspiration n’a été freinée ni par le faible taux de succès des artistes aussi bien à vivre de leur art qu’à être reconnu-e-s au sein de leur « monde de l’art » (Becker, 1982), ni par la multiplication objective des difficultés d’emploi et de travail expérimentées au fil du temps – forte précarité, faibles rémunérations, grande disponibilité temporelle, flexibilité permanente notamment (Buscatto, 2012).

Depuis une vingtaine d’années, se sont multipliées les enquêtes empiriques rendant compte aussi bien des périlleuses conditions de vie des artistes dans les sociétés contemporaines que des conditions subjectives justifiant un tel engagement dans les différents mondes de l’art qu’il s’agisse de la littérature (Heinich, 2008 ; Lahire, 2006 ; Sapiro, 2007), de la poésie (Dubois, 2012), du cirque (Cordier, 2009), de la musique électronique, techno et du rap (Jouvenet, 2006), du jazz (Buscatto, 2004), de la musique classique (Lehmann, 2002 ; Wagner, 2015), des musiques « populaires » (Perrenoud, 2007), du blues (Grazian, 2003), de la danse classique, contemporaine, hip hop ou jazz (Faure, 2004 ; Fleuriel, 2010 ; Rannou, Roharik, 2006 ; Sorignet, 2004), des arts plastiques (Abbing, 2002), du théâtre (Bense 2006 ; Katz, 2015 ; Menger, 1999 ; Paradeise, 1998) ou encore du cinéma (Alexandre, 2015).

Deux constats sont ainsi partagés par la recherche sur le sujet. D’une part, passé l’âge de 35-40 ans, seule une petite minorité d’artistes se voit reconnue pour son expression artistique par le public, par les pairs et par les critiques d’art, au-delà d’un cercle restreint de proximité et à dimension locale. L’essentiel des artistes prétendant faire œuvre d’art et n’ayant pas abandonné en cours de route – cas très fréquent comme l’a par exemple prouvé Philippe Coulangeon dans son enquête quantitative sur l’ensemble des musicien-ne-s français-e-s (2004) – soit exercent dans la pluriactivité (Bureau, Perrenoud, Shapiro, 2009), soit détiennent un emploi « alimentaire » et mènent « double vie » (Lahire, 2006) tout en acceptant de faibles niveaux de reconnaissance artistique, souvent limitée à un cercle restreint de proches – ami-e-s, voisin-e-s, intermédiaires locaux – et définie par un espace géographique spécifique – une ville ou une région par exemple. D’autre part, le registre de la « vocation » (Heinich, 2005 ; Moulin, 1983 ; Sapiro, 2007) sous-tend l’engagement de ces artistes aux premiers temps de la trajectoire, et ce dans les différents arts – e.g. en danse hip hop (Faure, 2004), contemporaine (Sorignet, 2004) ou classique (Laillier, 2012), en musique jazz (Buscatto, 2004), électro, rap ou techno (Jouvenet, 2006) ou classique (Lehmann, 2002), en littérature (Lahire, 2006), en arts plastiques (Abbing, 2002) ou dans le cirque (Cordier, 2009). Cet appel fait à la « vocation » est souvent allié à un engagement subjectif porté par une forte passion pour la création artistique (Buscatto, 2015).

Cependant, ces mêmes travaux donnent peu à voir tou-te-s ces artistes qui, passé 35-40 ans, continuent à créer, à faire œuvre d’art, alors même qu’ils et elles ne sont guère reconnu-e-s comme artistes en dehors d’un cercle restreint ainsi que des conditions d’acceptation alors mises en place par ces dernier-e-s pour justifier une telle démarche. Quelques études évoquent certes la douloureuse et nécessaire « reconversion » expérimentée par certain-e-s artistes solistes après 35 ans en musique classique (Wagner, 2015) ou en danse classique (Laillier, 2012). On sait encore que, passé la quarantaine, la plupart des artistes plasticien-ne-s (Marguin, 2013) ou des musicien-ne-s de jazz (Buscatto, 2004) encore actifs/ves ne sont guère reconnu-e-s comme artistes en dehors d’un cercle restreint. Mais de fait, peu est connu de ce que ces artistes, pas ou peu reconnu-e-s, expérimentent effectivement passé 30 ou 40 ans et des manières dont ils et elles exercent et justifient leur évolution artistique quand leur situation n’est effectivement pas celle du succès « réputationnel » – être reconnu-e par un large public ainsi que par des critiques d’art et des pairs reconnu-e-s.

Tel serait justement l’objet de ce numéro spécial : dévoiler les ressorts subjectifs et objectifs sous-tendant le maintien dans l’expression artistique de cette grande majorité d’artistes « modestes » (au sens où ils et elles ne sont guère reconnu-e-s comme artistes en dehors d’un cercle très restreint) quand ils et elles font toujours œuvre d’art – et n’ont donc pas abandonné la création artistique devant les difficultés expérimentées. Doit-on plutôt y voir le fruit du « piège de la passion » (Ballatore, Del Rio Carral, Murgia, 2014) qui rendrait impossible à ces artistes l’abandon de leur vocation première même lorsque son exercice est des plus ingrat et difficile à mettre en place ? Doit-on plutôt en conclure que les artistes qui se maintiennent « malgré tout » trouvent d’autres justifications à leur acte telles le plaisir de créer des oeuvres d’art, le maintien d’une certaine indépendance, le choix d’une vie aux valeurs sociales valorisées, le développement d’un sentiment d’utilité sociale par l’art, la valorisation symbolique d’une activité noble auprès des proches, le rejet d’une vie « normale » et/ou encore une valorisation de l’acte artistique dans d’autres sphères sociales et professionnelles malgré leur faible reconnaissance au sein des mondes de l’art ? Les ressorts économiques du maintien dans l’activité artistique prisée, le plus souvent non rémunérée, doivent-ils encore être plutôt trouvés à l’extérieur de l’activité – un patrimoine, un-e compagne ou un compagnon soutien financier ou une activité principale « alimentaire » - laissant beaucoup de temps libre pour la création ? Les mondes de l’art varient certes dans les possibles offerts à ces artistes « modestes » : quand les poètes et les écrivain-e-s exercent majoritairement des métiers liés à l’écrit comme l’enseignement ou le journalisme (Dubois, 2012 ; Lahire, 2006), les musicien-ne-s de jazz (Buscatto, 2004), les danseurs/ses (Rannou, Roharik, 2006) ou les comédien-ne-s (Paradeise, 1998) évoluent plutôt dans la pluriactivité au sein de leur monde de l’art. Mais au-delà des différences entre les mondes de l’art, comment penser le vieillissement des artistes « modestes » de manière sociologique et anthropologique ?

Trois questionnements organisent cet appel et devront orienter les réponses proposées pour ce numéro spécial. Les articles doivent viser au moins l’un des questionnements, voire si possible deux d’entre eux.

1- Afin de mieux comprendre les trajectoires de ces artistes « modestes » est ici attendue l’identification des rationalités sous-tendant leur maintien dans
l’expression artistique au fil du temps alors qu’ils et elles ne sont reconnu-e-s comme tel-le-s que dans un cercle restreint et que, pour la plupart, elles et ils ne vivent pas de leur art de manière principale – soit parce qu’ils et elles détiennent un emploi principal non-artistique, soit parce qu’elles et ils exercent de manière principale, au sein de leur monde de l’art, une activité peu valorisée sur le plan artistique et ne répondant pas à leurs choix initiaux tels l’enseignement, le théâtre d’entreprise, la musique d’ambiance ou l’illustration graphique.

2- Un autre axe de questionnement porte sur les manières dont ces artistes organisent leurs activités, leurs finances et leurs emplois du temps pour réussir ce difficile maintien dans la création artistique. Comment libèrent-ils et elles du temps pour créer ? Comment réussissent-elles et ils à montrer leur art, même si les publics en sont restreints, les dispositifs en sont confidentiels ? Sur quelles ressources familiales, amicales, monétaires, symboliques ou techniques s’appuient-ils ou elles pour créer « quand même » ? En quoi leur expression artistique est-elle affectée en retour par ces ajustements – styles, genres ou dispositifs ?

3- Un troisième et dernier axe de questionnement viserait à identifier les manières dont les trajectoires des artistes « modestes » sont sous-tendues par des inégalités sociales, genrées ou « nationales ». En quoi la capacité des unes et des autres à perdurer dans l’expression artistique en dépit du manque de reconnaissance et, le plus souvent, de la capacité à en vivre de manière principale est-elle liée au capital économique et social que peut notamment fournir une origine sociale favorable (Bourdieu, 1992 ; Friedman, O’Brien, Laurison, 2016 ; Roux, 2015) ? Dans quelle mesure les arbitrages vie professionnelle / vie privée pouvant influencer ces trajectoires à l’âge de la parentalité sont-ils genrés (Buscatto, 2007 ; Naudier, 2010 ; Sinigaglia-Amadio, Sinigaglia, 2015) ? Plus largement, dans quelle mesure encore le vieillissement participe-t-il, ou non, à renforcer les inégalités sociales, genrées et « nationales » déjà constatées dès le plus jeune âge (Mauger, 2006 ; Provansal, 2016 ; Rolle, Moeschler, 2014) et selon quels processus sociaux – stéréotypes, réseaux sociaux, normes sociales notamment ? Une approche intersectionnelle sera ici particulièrement appréciée (Buscatto, 2016).

Ce numéro spécial vise à rassembler plusieurs travaux empiriques de qualité menés autour de l’un ou plusieurs de ces questionnements dans différents mondes de l’art et dans différents pays. Ils peuvent être proposés et rédigés en langue française ou anglaise.

Calendrier
- Les propositions d’articles devront être envoyées à marie.buscatto@gmail.com avant le 1er février 2018. Elles comporteront environ 5000 signes décrivant de manière détaillée aussi bien le matériau empirique que les principaux résultats de l’enquête.
- Les auteur-e-s retenu-e-s pour ce projet seront averti-e-s d’ici la fin février 2018.
- Ils et elles devront envoyer leur article complet, de 50 000 signes maximum, avant le 31 mai 2018.
- Les articles seront évalués à la fois par la responsable du numéro et par des rapporteure-s anonymes choisis par la revue afin d’en assurer la pertinence éditoriale et la qualité scientifique. Les rapports seront envoyés aux auteur-e-s avant la fin août 2018.
- Pour les articles retenus moyennant modifications, une deuxième version de l’article sera attendue pour la fin octobre 2018 et fera l’objet d’une nouvelle évaluation si celle-ci a été jugée nécessaire lors de la première évaluation.
- La nouvelle évaluation sera envoyée à l’auteur-e fin décembre 2018.
- Si l’article est retenu pour publication, la version finale est attendue pour la fin février 2019 au plus tard.

Références bibliographiques
Abbing Hans Why are Artists Poor ? The Exceptional Economy of the Arts, Amsterdam, Amsterdam University Press, 2002.
Alexandre Olivier La règle de l’exception. Ecologie du cinéma français, Paris, Editions de l’Ehess, 2015.
Ballatore Magali, del Rio Carral Maria et Annalisa Murgia « Quand passion et précarité se rencontrent dans les métiers du savoir – Présentation », Recherches Sociologiques et Anthropologiques, 45 (2), 2014, 1-13.
Becker Howard S. Art Worlds, Berkeley, University of California Press, 1982 (traduction française : Les mondes de l’art, Paris, Flammarion, 1986).
Bense Ferreira Alves Celia Précarité en échange. Enquête sur l’implication au travail, Paris, Éditions Aux lieux d’être, 2006.
Bourdieu Pierre Les règles de l’art. Genèse et structure du champ littéraire, Paris, Le Seuil, 1992.
Bureau Marie-Christine, Perrenoud Marc, Shapiro Roberta (dir.) L’artiste pluriel : démultiplier l’activité pour vivre de son art, Lille, P.U. du Septentrion, 2009.
Buscatto Marie « ‘Intersectionnalité’. A propos des usages épistémologiques d’un concept (très) à la mode », Recherches sociologiques et anthropologiques, 2016, 47 (2), 103-118.
Buscatto Marie « Aux fondements du travail artistique. Vocation, passion ou travail
ordinaire ? ». In Leroux N., Loriol M. (dir.) Le travail passionné. L’engagement artistique, sportif ou politique, Paris, Eres, 2015, 31-56.
Buscatto Marie « Travail artistique ». In Bevort Antoine, Jobert Annette, Lallement Michel et Arnaud Mias (dir.) Dictionnaire du travail, Paris, PUF, 2012, 798-803.
Buscatto Marie Femmes du jazz. Musicalités, féminités, marginalisations, Paris, CNRS Editions, 2007.
Buscatto, Marie « De la vocation artistique au travail musical : tensions, compromis et ambivalences chez les musiciens de jazz », Sociologie de l’art, OPuS 5, 2004, 35–56.
Cordier Marine Le cirque sur la piste de l’art. La création entre politiques et marchés, Thèse de sociologie, Université Paris Ouest Nanterre La Défense, décembre 2009.
Coulangeon Philippe Les Musiciens interprètes en France. Portrait d’une profession, Paris, La Documentation française, 2004.
Dubois Sébastien Le métier des poètes, document de travail, http://www.poesiecontemporaine.fr/jce/documents-et-travaux, Consulté le 10 mai 2012.
Faure Sylvia « Institutionnalisation de la danse hip-hop et récits biographiques des artistes chorégraphes », Genèses, 2004, 55, 84-106.
Fleuriel Sébastien « De la vocation artistique à la précarité : devenir professeur de danse jazz », Sociologie de l’Art, 2010, OPuS 15, 137-157.
Friedman Sam, Dave O’Brien, Daniel Laurison “‘Like Skydiving without a Parachute’ : How Class Origin Shapes Occupational Trajectories in British Acting”, Sociology, 2016, 50 (3), 1–19.
Grazian David Blue Chicago. The Search for Authenticity in Urban Blues, Chicago, The University of Chicago Press, 2003.
Heinich Nathalie « Régime vocationnel et pluriactivité chez les écrivains : une perspective compréhensive et ses incompréhensions », Socio-logos. Revue de l’association française de sociologie [En ligne], 3 | 2008, mis en ligne le 28 mai 2008, Consulté le 26 avril 2012. URL : http://socio-logos.revues.org/1793
Heinich Nathalie L’élite artiste. Excellence et singularité en régime démocratique, Paris, Gallimard, 2005.
Jouvenet Morgan Rap, techno, électro... Le musicien entre travail artistique et critique sociale, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2006.
Karttunen Sari « How to identify artists ? Defining the population for ’status-of-the-artist’ studies », Poetics, 26, 1998, 1-19.
Katz Serge Comédiens par intermittence. Le métier à l’épreuve de la disqualification professionnelle, Paris, Presses du Châtelet, 2015.
Kris Ernst, Kurz Otto L’image de l’artiste. Légende, mythe et magie, Marseille, Rivages, 1979 (1934).
Lahire Bernard La Condition littéraire. La double vie des écrivains, Paris, La Découverte, 2006.
Laillier Joël « La dynamique de la vocation : les évolutions de la rationalisation de l’engagement au travail des danseurs de ballet », Sociologie du travail, 53, 2011, 493–514.
Lehmann Bernard L’orchestre dans tous ses éclats. Ethnographie des formations symphoniques, Paris, La Découverte, 2002.
Marguin Séverine « Les temporalités de la réussite : le moment charnière des quarante ans chez les artistes d’art contemporain », SociologieS, 2013, consulté le 19 août 2017. URL : http://sociologies.revues.org/4466.
Mathieu Chris (ed.) Careers in Creative Industries, London, Routledge, 2012.
Mauger Gérard (dir.) Droits d’entrée. Modalités et conditions d’accès aux univers artistiques, Paris, Editions de la Maison des sciences de l’homme, 2006.
Menger Pierre-Michel Portrait de l’artiste en travailleur, Paris, Seuil, 2003.
Menger Pierre-Michel La profession de comédien. Formation activités et carrières dans la démultiplication de soi, Paris, Ministère de la culture, 1997.
Moulin Raymonde « De l’artisan au professionnel : l’artiste », Sociologie du Travail, 25 (4), 1983, 388-403.
Naudier, Delphine « Les écrivaines et leurs arrangements avec les assignations sexuées », Sociétés contemporaines, (78) 2, 2010, 39-63.
Paradeise Catherine Les comédiens. Profession et marché du travail, Paris, PUF, 1998.
Perrenoud Marc Les Musicos. Enquête sur des musiciens ordinaires, Paris, La Découverte, 2007.
Provansal Mathilde « Au-delà de la vocation artistique : un recrutement sexuellement
différencié des candidat-e-s à une carrière de plasticien-ne ? », Éducation et socialisation, n°42, mis en ligne le 22 octobre 2016, URL : http://edso.revues.org/1821 ; DOI : 10.4000/edso.1821
Quemin Alain Les stars de l’art contemporain. Notoriété et consécration artistiques dans les arts visuels, Paris, CNRS Éditions, 2013.
Rannou Janine, Roharik Ionela Les danseurs. Un métier d’engagement, Paris, La Documentation française, 2006.
Rolle Valérie, Olivier Moeschler, De l’école à la scène. Entrer dans le métier de comédien-ne, Lausanne, Editions Antipode, 2014.
Roux Nicolas « La mobilité sociale d’artistes du spectacle issus des classes populaires : des « transclasses » entre désir d’émancipation et sentiment d’illégitimité », Lien social et politiques, 74, 2015, 57-75.
Sapiro Gisèle « Je n’ai jamais appris à écrire. Les conditions de formation de la vocation d’écrivain », Actes de la recherche en sciences sociales, 168 (3), 2007, p. 12-33.
Sinigaglia-Amadio Sabrina, Jérémy Sinigaglia, « Tempo de la vie d’artiste : genre et concurrence des temps professionnels et domestiques », Cahiers du Genre 2015, 59, 195-215.
Sorignet Pierre-Emmanuel « Etre danseuse contemporaine : une carrière ‘corps et âme’ », Travail, Genre et Sociétés, 12, 2004, 33-53.
Thibault Adrien « Être ou ne pas être. Genèse de la consécration théâtrale ou La constitution primitive du talent », Sociologie et sociétés, 47 (2), 2015, 87-111.
Trajtenberg, Graciela “Multiple Trespasses. Female Israeli Artists Make Uncommissioned Street Art” dans Buscatto Marie et Anne Monjaret (dir.) Arts et jeux de genre, Ethnologie française, XLVI (1), 2016, 83-92.
Wagner Izabela Producing Excellence. The Making of Virtuosos, New Brunswick, Rutgers University Press, 2015.