AAC : Prostitutions, travail du sexe et écriture - Discours et représentations

Publié le 5 décembre par Heta Rundgren

Pour un colloque international à l’Université Paris Nanterre le 12 et 13 juin 2018. Propositions à envoyer pour le 15 février 2018.

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Argumentaire :

Longtemps, « la prostituée » en tant que catégorie socialement construite a été représentée par les hommes en littérature et dans les arts, souvent de manière stéréotypique et essentialisante. Elle est désormais de plus en plus dessinée également par des femmes et des minorités de genre, dont certaines ayant elles-mêmes pratiqué le travail du sexe.

Si les travailleurs et travailleuses du sexe (TDS) ont d’abord été entouré·e·s d’une aura de honte les tenant au silence, et bien que la stigmatisation persiste, ils et elles font désormais leur coming out et prennent publiquement la parole. Leur voix se répercute tant dans l’espace social que dans diverses productions artistiques (romans, autobiographies, zines, théâtre, performances etc.) et médiatiques (presse, blogs, réseaux sociaux).

De Grisélidis Réal à Nelly Arcan en passant par Claire Carthonnet, « la putain » (s’)écrit désormais. Qu’est-ce que cela change dans les représentations, notamment vis-à-vis des normes ? Quelles interférences entre le stigmate qui pèse sur la prostitution et le prestige du champ littéraire ? Quelles figures sont dessinées ? La prise de parole des prostitué·e·s affecte-t-elle également les productions n’émanant pas des TDS ? Et que le ou la TDS soit représenté·e par d’autres ou qu’il ou elle s’autoreprésente, quelles différences ? Qu’en est-il des rapports entre écriture, autonomie et exploitation ? Quelles alliances possibles entre les TDS et leurs allié.e.s ? Et qui sont ces derniers ? Quels rapports entre les discours des TDS et les féminismes ? Quelles questions sont soulevées, entre la prohibition et la légalisation ? Plus largement, quels discours sont tenus, aujourd’hui, sur la prostitution dans la littérature et dans les arts ? Au final, qu’est-ce que la mise en scène de la prostitution nous dit sur le monde ?

Axes possibles :

• Autobiographie, autofiction et prostitution
• Figures de la prostituée / du prostitué
• Figures du client / de la cliente
• Figure privée / écriture publique
• Travail du sexe et trans-queer-identités
• Scripts sexuels des sexualités négociées
• Travail du sexe et intersectionnalité
• Travail du sexe et féminismes
• Traite sexuelle dans les récits publiques
• Du « récit de la chute » à la subjectivation
• Les TDS et leurs allié.e.s : quels enjeux ?
• Travail du sexe et discours numériques

Des contributions sur des œuvres/discours/créations émanant d’auteur·e·s-militant·e·s-artistes en dehors du domaine francophone seraient fortement appréciées.

Organisation :

Isabelle Boisclair (Université de Sherbrooke) et Yagos Koliopanos (Université Paris Nanterre), avec l’appui du Sophiapol (Sociologie, philosophie et anthropologie politiques), du Lasco (Laboratoire d’analyses socio-anthropologiques du contemporain) et de l’École doctorale Économie Organisations Société (ED396)

Comité scientifique

Isabelle Boisclair (Université de Sherbrooke)
Michel Bozon (Ined)
Catherine Deschamps (École d’architecture de Paris Val-de-Seine/Université Paris Nanterre)
Catherine Dussault Frenette (Université de Sherbrooke)
Karine Espineira (Université Paris 8)
Yagos Koliopanos (Université Paris Nanterre)
Marie-Anne Paveau (Université Paris 13)
Lori Saint-Martin (Université du Québec à Montréal)

Les propositions de 250-300 mots devront être envoyées à isabelle.boisclair [at] Usherbrooke.ca et koliopanos.yagos [at] gmail.com avant le 15 février 2018.

Call for papers :

Prostitutions, sex work and literature : discourses and representations
International colloquium
12 and 13 June 2018
Université Paris Nanterre

For a long time, "the prostitute" as a socially constructed category, has been represented by men in literature and the arts, more often than not in a stereotypical and essentialist fashion. She is now more and more penned by women and gender minorities some of which have themselves experience as sex workers.

Despite the fact that sex workers had been silenced to silence, and even though their stigmatisation is still strong, many of them have been coming out and speaking publicly. Their voices reverbate in social space as well as in various productions either artistic (novels, autobiographies, zines, theatre, performances etc.) or media (press, blogs, social networks).

From Grisélidis Réal to Nelly Arcan, « the whore » is now her own author. What does that mean in terms of representation, especially regarding norms ? What are the interferences between the stigmatization of prostitution and the prestige of literary activity ? What figures are drawn ? Do public discourses by sex workers influence discourses produced by non-sex workers ? What are the differences between representations and self-representations ? How about the relations between writing, autonomy and exploitation ? What are the socio-cultural and discursive relations between sex workers and their allies ? And who are these allies ? What are the relations between the discourse of sex workers and different feminist movements ? What are the questions that arise, with regard to prohibition and legalization of prostitution ? Further, what discourses are produced today, in literature and the arts, on prostitution and sex work ? Finally, what does the mise-en-scène of prostitution say about society ?

Possible themes :

• Autobiography, autofiction and prostitution
• Figures of the sex worker
• Figures of the client
• Private figure/ public writing
• Sex work and trans-queer-identities
• Sexual scripts and negotiated sexualities
• Sex work and intersectionality
• Sex work and feminisms
• Sex trafficking in public stories
• From the « story of the fall » to subjectivisation
• Sex workers and their allies
• Sex work and digital discourses

Organisation :
Isabelle Boisclair (Université de Sherbrooke) and Yagos Koliopanos (Université Paris Nanterre)

Scientific committee :

Isabelle Boisclair (Université de Sherbrooke)
Michel Bozon (Ined)
Catherine Deschamps (École d’architecture de Paris Val-de-Seine/Université Paris Nanterre)
Catherine Dussault Frenette (Université de Sherbrooke)
Karine Espineira (Université Paris 8)
Yagos Koliopanos (Université Paris Nanterre)
Marie-Anne Paveau (Université Paris 13)
Lori Saint-Martin (Université du Québec à Montréal)

Proposals of 250-300 words should be sent to isabelle.boisclair [at] Usherbrooke.ca and koliopanos.yagos [at] gmail.com before the 15th of February 2018.