AAC : Genre et participation « enchantée » dans le développement rural - les projets comme arène d’agencéité et résilience des femmes à la campagne ?

Publié le 20 février par Institut du Genre

Pour un panel dans le cadre des 5e Rencontres des Etudes Africaines en France, à Marseille, du 9 au 12 juillet 2018 ; envoyer les propositions pour le 28 février 2018.

Ce panel propose d’interroger la manière dont les approches participatives mises en œuvre dans des projets de développement rural agissent sur les rapports de genre parmi les populations concernées par ces projets. Aujourd’hui, la participation est reconnue et revendiquée comme une condition sine qua non de la réussite et de la viabilité d’un projet de développement. Sans participation des populations concernées, l’appropriation du projet, des méthodes et dynamiques que celui-ci souhaite initier ou renforcer, du changement auquel il a pu contribuer est compromis d’avance. Mais les populations rurales africaines ne représentent pas une masse homogène, elles sont structurées selon de multiples facteurs, dont un est résolument transversal, à savoir le genre. L’empowerment des femmes figurait déjà dans les OMD, l’égalité des femmes et des hommes fait aussi partie des ODD. Ainsi, les interventions de développement doivent contribuer à l’atteinte de ces objectifs de la communauté internationale et intégrer le genre. Dans le domaine de l’agriculture, la prise en compte du genre relève d’un défi particulier, car la division des tâches et responsabilités entre femmes et hommes y est particulièrement marquée. Faire participer les personnes des deux sexes n’est donc pas seulement un principe déontologique, mais devient une nécessité pour intervenir et initier des changements, par exemple dans le domaine de la production agricole. Or, les « traditions » sont habituellement encore bien ancrées dans les campagnes, le taux d’alphabétisation y est plus faible, les marges de manœuvre des individu.es plus réduites, les impulsions pour remettre en question et faire évoluer le statu quo moins nombreuses et plus faibles.

On peut partir de l’hypothèse que les projets de développement représentent des arènes où les jeux d’acteurs peuvent être bousculés, où il devient (théoriquement) possible de décider et fonctionner selon des règles différentes de gouvernance habituellement pratiquée dans les sociétés concernées. Alors que ces projets revendiquent d’être participatifs et « sensibles au genre », on observe souvent qu’ils n’incluent pas réellement les femmes dans la prise de décisions, ou ne réussissent pas de leur donner la possibilité de s’exprimer et participer effectivement aux activités. D’autres mettent l’accent sur l’autonomisation des femmes sans tenir compte suffisamment des rapports sociaux femmes-hommes, des réactions hésitantes, voire hostiles du milieu. Beaucoup de projets s’attaquent pas aux causes structurelles des inégalités de genre, limitant de facto les possibilités de « faire bouger les lignes » de la participation. Alors que l’injonction de procéder par des démarches participatives a tendance à se généraliser, les désenchantements liés à leur mise en pratique effective dans les projets de développement rural sont nombreux et variés. Ce panel interroge la prise en compte du genre dans des projets de développement rural ou agricole, la perception du genre par les équipes des projets, les organisations des producteurs (ou autres partenaires) et les populations, les obstacles rencontrés, les stratégies pour les contourner. Il met l’accent sur les méthodes participatives qui se déploient dans les projets de développement et leur impact sur les rapports sociaux de genre dans ces sociétés rurales.

Merci de nous adresser (à : elisabeth.hofmann@u-bordeaux-montaigne.fr, kamala.marius@gmail.com) :
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Organisatrices : Elisabeth Hofmann, Kamala Marius