AAC : Féminismes en marge. Théories politiques, pratiques académiques et action collective.

Publié le 2 janvier par Institut du Genre

Atelier organisé dans le cadre du Congrès de la Société québécoise de science politique, Université d’Ottawa, 23-25 mai 2018. Propositions avant le 5 janvier 2018.

Appel à communications

Responsable(s) de l’atelier :
Chamindra Weerawardhana
fremancourt@gmail.com
Rose Ndengue
Rose.ndengue@gmail.com
Noémie Aulombard-Arnaud
nonoelomb@orange.fr

Titre de l’atelier :
Féminismes en marge. Théories politiques, pratiques académiques et action collective.

Résumé de l’atelier :

Le féminisme, d’une part comme pensée critique et d’autre part comme mouvement social visant une transformation sociale, semble pris dans une double tension dès lors qu’on cherche à déterminer son sujet politique. En effet, depuis quelques décennies les sciences humaines et sociales ainsi que la théorie féministe et le militantisme (institutionnels) dans les espaces anglo-saxons d’abord, puis francophones, ont connu un bouleversement avec l’émergence des théories relevant de l’intersectionnalité, des approches post/décoloniales, mais également de l’agentivité. Toutes remettent en cause le modèle universaliste qui sous-tendait jusqu’alors la pensée féministe et la pratique féministes dominantes. Ces théories et approches mettent en exergue la nécessité d’appréhender l’expérience de la domination en tenant compte de ses différentes configurations, lesquelles en fonction de : la classe sociale, l’origine ethno-raciale, l’orientation sexuelle, la motricité et/ou la santé de chaque femme. Redessinant ainsi les contours du sujet politique du féminisme, ces pensées élaborées à partir de l’expérience des femmes non-blanches, questionnent l’hégémonie de l’expérience occidentale de la domination, et la façon dont elle est théorisée. Privilégiant une approche située, ces concepts poussent à redéfinir les frontières entre savoirs académiques, pratiques militantes et expériences quotidiennes. Ils renversent le paradigme du féminisme hégémonique, et donnent plus de visibilité théorique aux féminismes en marge. Ils invitent notamment à interroger la double situation du « je » de la chercheuse ou du chercheur, lorsqu’elle ou il navigue entre champ académique et univers militant.

Le fait que ces approches restent invisibilisées au sein du champ académique, et déconsidérés dans les champs institutionnels et militants hégémoniques, éclaire les rapports de pouvoir et les luttes de sens qui traversent les interactions entre l’hégémonie et les marges. L’enjeu ici réside donc dans la reconfiguration des pratiques militantes et la refondation des théories féministes.
S’interroger sur l’impact des paradigmes, issus des féminismes en marge est une démarche indispensable. Il s’agit de porter une attention particulière à la manière dont, en invitant à transformer les théories et pratiques féministes, les concepts et approches produites depuis la marge, contribuent à :

-  Opérer une mutation/rupture épistémique importante. Celle-ci consisterait à décentrer le sujet politique des féminismes, d’un l’universalisme occidentalo-centré, vers une approche pluriversaliste
-  Renouveler les relations entre recherche et militantisme, ainsi que transformer les pratiques et les discours dans l’espace militant
-  Redéfinir le « je » de la chercheuse ou du chercheur

Souhaitant réaffirmer le pouvoir heuristique et la dimension politique de ces courants, les panels de cet atelier viseront à rendre visibles les travaux relatifs aux :
• Transféminismes,
• Féminismes Noirs : féminismes africains, afroféminismes (afrocaraïbéen, afrolatino, afropéen, afro-américain…)
• Féminismes musulmans
• Féminismes des peuples premiers
• Chicanas
• Féminisme et handicap (moteur, sensoriel, cognitif, mental, psychique)
• Féminismes Queer/Queer of colour/s
• …

Les résumés des propositions de communication (entre 300 et 350 mots) sont à envoyer (format Word ou PDF) par courriel électronique le 05 Janvier 2018 au plus tard, à l’adresse suivante : dkpssproject@gmail.com.
Mettre en objet du mail : Féminismes en Marge_Ottawa