AAC : Féminismes en marge. Théories politiques, pratiques académiques et action collective.

Publié le 23 octobre 2017 par Institut du Genre

Pour une proposition de panel au Congrès de l’Association Internationale de Science Politique, à Brisbane, Australia, 21-25 juillet 2018, propositions le 24 octobre 2017 au plus tard.

Le féminisme, d’une part comme pensée critique, et d’autre part comme mouvement collectif visant une transformation sociale, semble pris dans une double tension dès lors qu’on cherche à déterminer son sujet politique. En effet, force est de constater depuis quelques années, que la théorie de l’intersectionnalité, comme les approches post/décoloniales remettent en cause le modèle universaliste qui sous-tendait jusqu’alors tant les sciences humaines et sociales, que la théorie féministe et le militantisme (institutionnels). Le vécu de la domination varie selon la classe sociale, l’ethnicité, l’orientation et/ou l’identité sexuelles, la motricité et/ou la santé de chaque femme. Redessinant ainsi les contours du sujet politique du féminisme, ces pensées élaborées à partir de l’expérience des femmes non-blanches questionnent l’hégémonie de l’expérience occidentale de la domination, et la façon dont elle est théorisée. Privilégiant une approche située, ces concepts poussent à redéfinir les frontières entre savoirs académiques, pratiques militantes et expériences quotidiennes. Ils invitent notamment à interroger la double situation du « je » du chercheur ou de la chercheuse, lorsqu’elle ou il navigue entre champ académique et univers militant.

L’intersectionnalité, tout comme les courants post/décoloniaux renversent le paradigme du féminisme hégémonique, et donnent plus de visibilité théorique aux féminismes en marge. Toutefois, ceux-ci restent invisibilisés au sein du champ académique, et déconsidérés dans les champs institutionnel et militant hégémoniques. Cette situation éclaire les rapports de pouvoir et les luttes de sens qui traversent les interactions entre l’hégémonie et les marges. L’enjeu réside ici dans la reconfiguration des pratiques militantes et la refondation des théories féministes.

Il est donc plus qu’indispensable aujourd’hui, de s’interroger sur l’impact des paradigmes, issus des féminismes en marge. Il s’agit notamment de porter une attention particulière à la manière dont, en invitant à transformer les théories et pratiques féministes, le concept d’intersectionnalité comme les courants post/décoloniaux contribuent à :

Opérer une mutation/rupture épistémique importante. Celle-ci consisterait à décentrer le sujet politique des féminismes, d’un l’universalisme occidentalocentré, vers une approche pluriversaliste.

Renouveler les relations entre recherche et militantisme, ainsi que transformer les pratiques et les discours dans l’espace militant

Redéfinir le « je » de la chercheuse ou du chercheur.

Souhaitant réaffirmer le pouvoir heuristique et la dimension politique de ces courants, ce panel vise à rendre visibles les travaux relatifs aux :
- Transféminisme
- Féminisme musulman
- Féminismes noirs : féminismes africains, afroféminismes (afrocaraïbéen,
afrolatino, afropéen, afro-américain)
- Féminisme des peuples premiers
- Chicanas
- Féminisme et handicap (moteur, sensoriel, cognitif, mental, psychique)
- Féminismes Queer, queer of colours

Modalités de soumission :
Les résumés des propositions de communication (en français ou en anglais) sont à envoyer (format Word ou PDF) le 24 octobre 2017 au plus tard, sous l’intitulé (objet du mail), Fémininismes en marge, aux adresses suivantes : nonoelomb[at]orange.fr, cweerawardhana02[at]qub.ac.uk, rose.ndengue[at]gmail.com

Le document doit comporter le titre de la communication, ainsi qu’un résumé de 350 mots maximum. Les noms et affiliations académiques de l’auteur·e doivent également y figurer. Les réponses seront envoyées le 31 octobre 2017 au plus tard.