AAC : Entre syndrome d’imposteur, adaptation et stratégies d’évitement : comment survivre quand on est une femme racisée à l’Université ?

Publié le 10 juillet par Heta Rundgren

Une proposition de table ronde au CIRFF par Fatima Khemilat (conditionnée à son acceptation par le comité d’organisation du Congrès).

Comme vous le savez sûrement le CIRFF (Congrès des recherches féministes francophones) se déroulera l’année prochaine à Nanterre. Dans ce cadre, j’ai soumis une proposition de table ronde intitulée "Entre syndrome d’imposteur, adaptation et stratégies d’évitement : comment survivre quand on est une femme racisée à l’Université ?". Il me semble fondamentale de se doter d’un espace bienveillant d’échanges sur les discriminations subies par les femmes racisées en raison de leur genre et racialisation au sein de l’Université (française ou toute autre). Veuillez trouver ci-joint le résumé de la table ronde.

Si vous souhaitez y participer, rien de plus simple, merci d’envoyer un titre ainsi qu’un résumé de votre communication en 300 mots à l’adresse email : khemilat.fatima@gmail.com. Aucun niveau minimal d’études est requis. Il s’agit en effet de réunir des chercheuses racisées en poste comme des étudiantes en début de cursus universitaire afin de les amener à échanger sur leurs expériences respectives et les stratégies déployées afin de faire face à la position de "minorité". Je précise néanmoins qu’elle est conditionnée à l’acceptation de la table ronde par le comité d’organisation du CIRFF. Si ce n’était pas le cas, ce qui serait regrettable, nous nous chercherons bien entendu un autre espace où ces débats pourront avoir lieu.

"Etre en position minoritaire en raison de son genre et de sa racialisation (sa couleur de peau, la consonnance de son nom, des marqueurs de religiosité) dans l’institution universitaire engendre beaucoup de frustrations, discriminations et détresse psychologique. Un certain nombre de femmes racisées envisagent même d’arrêter leurs études ou renoncent à faire carrière à l’université en raison du sentiment chevillé au corps "ne pas être à leur place". Ce sentiment d’imposteur peut se décliner de différentes manières : sentiment d’isolement, auto-sabotage, dépression, remarques désobligeantes de la part de collègues, mise à l’écart, etc.

Cette table ronde se déroulera en deux temps : d’une part il s’agira d’essayer de donner des clés de lecture qui explique comment les mécanismes de marginalisation des femmes racisées dans les instances universitaires se déploient, les conséquences que cela peut avoir sur les subjectivités des femmes racisées et enfin les stratégies collectives et individuelles qui peuvent être mises en place afin d’y faire face. Dans un second temps, il s’agira de réhabiliter les expériences individuelles en donnant un espace pour qu’elles puissent être partagées de manière "safe" et bienveillante mais aussi comprises comme s’inscrivant dans des dynamiques structurelles de disqualification des chercheuses et étudiantes racisées. Vous l’aurez compris cette table ronde se veut à la croisée de l’expertise sociologique et de l’activisme politique pour une université plus inclusive. Comme le disait Audre Lorde "caring for myself is not self-indulgence, it is self-preservation and it is an act of political warfare"."