AAC : Approches féministes du langage : production, diffusion, circulation des savoirs

Publié le 5 décembre par Heta Rundgren

Un colloque dans le cadre du 8° Congrès International des Recherches Féministes dans la Francophonie, du 27 au 31 août 2018 à l’Université Paris Nanterre.

Date-limite d’envoi des propositions à genres.langage [at] gmail.com : 15 janvier 2018.

Colloque prévu sur deux journées dans le cadre du CIRFF, du 27 au 31 août 2018.

La langue, lieu de lutte des féministes, comme de leurs contradicteurs, est un espace crucial de signification et de catégorisation du genre. Ce colloque entend construire un état des lieux collectif des approches féministes du langage dans la francophonie. Il se propose en particulier d’être un lieu de rencontre des travaux récents sur le genre et le langage. En effet, alors que l’on constate une médiatisation et un intérêt grandissant pour la question du langage au prisme du féminisme, tout autant que de tentatives réactionnaires de freiner cet intérêt et les initiatives qui en découlent, comment les recherches actuelles sur le genre et le langage se reconfigurent-elles ? Quels nouveaux objets et quelles méthodologies adoptent-elles ?

On dénombre de plus en plus d’événements scientifiques, d’articles ou même d’ouvrages consacrés à ces questions. Dans ce cadre on assiste à un renouvellement des perspectives de recherches. En effet, plusieurs nouvelles problématiques voient le jour : l’intersectionnalité figure désormais en bonne place dans ces recherches, ouvrant la voie à une lecture imbriquée du fonctionnement discursif des rapports sociaux de genre, de race, de classe, etc., et les masculinités désormais sont construites comme objet d’étude au même titre que les féminités. Dépassant la partition binaire homme/femme, les notions d’hybridité et de non-binarité émergent également aux côtés de critiques matérialistes de toutes les expressions langagières du sexisme, bénéficiant d’une tradition bien plus longue. Ces nouvelles perspectives interrogent le fondement des dynamiques de catégorisation linguistiques et mêmes cognitives, les processus de marquage du genre, la production des identités sexuées/sexuelles/genrées, etc. Les cadres conceptuels bougent : le concept de frontière offre par exemple de nouveaux horizons, avec les Border Studies, qui permettent d’analyser les enjeux discursifs de l’homonationalisme ou de la migration, mais aussi du rapport catégoriel entre le masculin et le féminin (que ce soit de manière théorique ou empirique, comme par exemple à travers les études des Drag Kings, des Drag Queens, de l’émergence des pronoms hybride en français comme toustes ou iel, etc.). Par ailleurs, les savoirs sur le genre circulent désormais par-delà les espaces qui lui sont traditionnellement dévolus, à savoir l’université et les milieux militants, pour toucher les espaces de l’enseignement et des médias, jusqu’aux discours de l’État, comme l’ont montré les récents débats virulents en France autour de l’écriture dite inclusive, du langage non sexiste et de son enseignement. Mais ils circulent aussi par-delà les frontières nationales, et linguistiques. Si le monde francophone du Nord a été largement étudié, qu’en est-il d’une francophonie réellement mondiale ? Qui parle aujourd’hui du genre ? Et comment ? Quelles modifications la langue et les discours contemporains ont-ils permis d’apporter à nos représentations du genre ? Quels savoirs sur le genre sont produits depuis la perspective linguistique ? Comment celle-ci permet-elle d’éclairer les diverses dynamiques et problématiques du genre ? Enfin, quelles méthodologies sont désormais mobilisées (ou mobilisables) pour analyser ensemble genre et langage ? Les méthodes mixtes, et notamment le croisement d’approches qualitatives et quantitatives offrent de nouvelles pistes, qui peuvent répondre aux nécessités de l’interdisciplinarité, constitutive du domaine. Qu’en est-il des corpus ? Y a-t-il des enjeux propres à la constitution et à l’analyse des corpus du genre ou de la sexualité ?

Sans s’y limiter, les contributions s’intéressant aux thèmes suivants seront les bienvenues :

· Genre et langage en francophonie
· Genre et espaces linguistiques mineurs
· Intersectionnalité
· Sexes et Sexualités
· Non-binarité, hybridité, fluidité
· Genre, langage, frontière
· Féminisme d’État, circulation et réappropriation des discours féministes
· Nouveaux discours anti-féministes
· Méthodologies et corpus

Soumettre une proposition

Pour soumettre une proposition de communication, envoyez un résumé d’une page, 3000 signes (bibliographie non-comprise) à genres.langage [at] gmail.com avant le 15 janvier 2018.

Informations pratiques

Le colloque « Approches féministes du langage » se tiendra dans le cadre du 8° Congrès International des Recherches Féministes dans la Francophonie, qui se tiendra du 27 au 31 août 2018, à l’Université Paris Nanterre (France). Les intervenant·es à ce colloque figureront dans le programme du Congrès et pourront participer librement à toutes les sessions et activités dans le cadre du Congrès.

Pour plus d’information (tarifs, organisation, programme)

http://cirff2018.parisnanterre.fr/

Durée du colloque : 2 jours (6 sessions)

Dans le cadre de ce colloque certaines sessions sont ouvertes à des communications sur des thèmes variés, et d’autres seront thématiques : deux tables rondes seront organisées autour des questions institutionnelles et pratiques liées en particulier à l’enseignement d’une grammaire non sexiste du français, et autour des questions de traduction des textes de recherche sur le genre. Le colloque accueillera également une session consacrée à l’expression du genre et des sexualités en langue des signes française. Le programme final sera diffusé en avril 2018.

Dates à retenir

Envoi des propositions de communication : 15 janvier 2018
Notification aux auteur.es : 31 janvier 2018
Finalisation du programme : 31 mars 2018
Tenue du colloque et du congrès : 27-31 août 2018

Organisatrices

Julie Abbou (Docteure en Sciences du Langage, Chercheuse associée à Aix-Marseille Université, LPL)
Maria Candea (Maitresse de conférence HDR en Sciences du Langage. Paris 3 – Sorbonne-Nouvelle, Clesthia)
Noémie Marignier (Docteure ATER en Sciences du Langage. Paris 3 – Sorbonne-Nouvelle, Clesthia / Paris 13 Sorbonne Paris Cité, Pléiade)